Sur Facebook, la robe est blanche mais tous les médias sont gris

C’est une idée à creuser en ces temps de crise de la presse : pour faire des économies, une bonne partie des sites d’actu français pourraient confier leur page Facebook au même journaliste – de toute façon, ils y publient (souvent) la même chose.

Captures d'écran tirées d'une série de pages Facebook de sites d'actualité français.
Captures d’écran tirées d’une série de pages Facebook de sites d’actualité français.

NB. Je n’ai rien trouvé sur « la robe » sur les pages Facebook de La Croix, Rue89, Télérama, RFI, France 24, du Plus, du JDD et de quelques autres.

Photo de moutons en page d’accueil : Andy Farnsworth/Flickr/CC-BY-ND.

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C'est nul, je veux de gros boutons colorés !

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Un peu d'inspiration !

Depuis 2014, j'accompagne des médias dans leurs projets et je mène mes propres expériences. Retrouvez les réalisations dont je suis le plus fier dans un portfolio qui vous donnera envie d'innover !

On en discute ?

  • Abricot

    Super, merci. Belle analyse.

  • B. Blip

    J’ai pas vu l’analyse perso… C’est quoi le trip, de dire qu’à certains moments tous les médias traitent des mêmes sujets ? Great. Belle analyse, grosse nouveauté de condamner ce type de marronnier. Je ne vous prendrai pas consultant dans mon média nos portes ouvertes n’ont pas besoin d’être enfoncer.

    • Bonjour B. Blip et merci pour votre réaction.

      Je suis d’accord avec vous : ce n’est pas une analyse, juste un collage posté en passant.

      Pour le reste, j’ai assez de clients pour occuper mon emploi du temps, mais c’est gentil d’avoir pensé à moi 🙂

  • J’avais raté ce billet-troll 😀

    Bah, on pourrait faire la même critique en regardant les homepages des sites du top 10 à certaines heures de la journée… Est-ce surprenant qu’on puisse avoir ce type de phénomène sur un sujet buzz sur les réseaux sociaux des dits médias? Et: doit-on ne pas traiter un sujet sous prétexte que le voisin l’a fait quand votre lecteur vient chez vous pour une certaine exhaustivité ?

    #VousAvezQuatreHeures

    • Hello Marie-Amélie,

      Si on part du principe que les sites d’actu doivent se différencier pour espérer fidéliser les lecteurs, ça peut être une bonne idée de ne pas tous publier la même chose en même temps.

      Si je peux trouver la même info partout, pourquoi j’irais voir Le Figaro plutôt que L’Express ou Libé ?

      Par ailleurs, le trafic qu’on gagne en chassant ainsi le clic ne rapporte rien ou presque.

      A mon avis, les médias y perdent même de l’argent, dans le sens où des lecteurs fidèles, les plus intéressants en terme de monétisation (pub ou abonnement) peuvent légitimement trouver qu’on les prend un peu pour des cons avec cette histoire de robe.

      http://dansmonlabo.com/2015/05/03/les-commentaires-sur-les-sites-dactu-le-retour-du-mal-aime-661/

      • Merci! Oui, je suis précisément arrivée sur ce billet par celui dont tu donnes le lien.

        J’avoue que je ne suis pas une experte-audience, mais il y a une contre-thèse valable. Un internaute vient sur un site du top 10 (top 5) parce qu’il sait qu’il va y trouver une présentation des grands titres d’actualité du jour — qui vont forcément se retrouver sur tous les sites. Là, on essaie juste d’être excellents sur la rigueur, la rapidité, etc. C’est notamment ce que défend Eric Mettout, disant que c’est dans le second temps — la déclinaison des angles et des modes de traitement — que la différence se joue.

        Côté réseaux, je me suis posé plusieurs fois la question suivante: « Ah, je vois ce sujet tourner sur les pages des concurrents depuis hier soir, est-ce que ça vaut la peine de le publier aussi? ». J’en ai fait l’expérience: si le sujet est fort, oui, ça vaut le coup et ça intéresse beaucoup. C’est le cas sur l’affaire (essentielle, j’en suis bien consciente :p) de la robe ci-dessus.

        Après, le fait d’être pris pour des cons… C’est le cas avec *tout* sujet léger, non? On peut passer sa journée à mettre du trash/people/insolite/etc. sur la page Facebook de son média. Ça va intéresser plein de lecteurs. En commentaires, on va se prendre des baffes. À l’inverse, si on ne passe que les sujets pointus à forte valeur ajoutée, on aura des commentaires moins critiques, mais on intéressera moins de monde. #LePhénomèneJTdArte

        (.. pardon, j’ai un peu l’impression de ré-inventer l’eau chaude avec ce commentaire)

        • Attention, je n’ai rien contre les sujets légers, au contraire. Et je n’ai rien non plus contre le fait de générer un trafic important : quel que soit le modèle économique, on écrit pour être lu.

          Mais ça ne veut pas dire produire partout les mêmes contenus, taillés sur mesure pour l’algorithme de Facebook ou pour celui de Google Actualités.

          Ça me paraît même une stratégie suicidaire pour un média, puisque c’est faire la démonstration qu’on ne sert à rien puis qu’on est totalement interchangeable.

          Avant, lire Le Figaro plutôt que Libération (ou L’Obs plutôt que L’Express), ça avait un sens : il y avait un traitement, une identité, un attachement qui se formait.

          (Sans parler, côté management, du découragement et de la démotivation des troupes. Tu as fait cinq ans d’études et une école de journalisme ? Laisse tout ça de côté et fais-nous vite un angle vite fait sur le truc sur le truc à la con qui marche sur Buzzfeed.)

          • Je vais parler très théoriquement parce qu’encore une fois, je n’ai pas tout le temps les mains dans les chiffres…

            Je crois au fait de savoir capter ET savoir garder. S’il faut savoir parler le langage des moteurs et des réseaux pour apparaître dans le spectre du lecteur, philosophiquement, ça ne me dérange pas. Quitte à avoir le même contenu que tout le monde. L’enjeu, ensuite, c’est que le contenu soit bon — infos vérifiées, présentées correctement, pas de déception par rapport au titre, par exemple. Ensuite, il faut être suffisamment solide pour avoir des rebonds qu’on ne verra pas ailleurs. Dans le cas de la robe, évidemment que l’actu sera partout. Mais pouvoir élargir avec une vidéo testant plusieurs illusions d’optique, c’est jouer la différence: http://video.lefigaro.fr/figaro/video/robe-bleue-ou-blanche-testez-le-pouvoir-des-illusions-d-optique/4083998783001/ Je lie un contenu Figaro mais je me souviens d’autres rebonds très intéressants sur ce sujet, notamment sur Slate.

            Concernant l’aspect management, je suis toujours très surprise de voir à quel point de nombreux journalistes invoquent, pleins d’emphase, l’art de la brève… et renâclent à bâtonner une dépêche ou pondre 1500 signes sur un insolite Web. Ou je me trompe?

          • Ah moi j’adore travailler les espaces courts, d’ailleurs je fais plein de « listicles » sur ce site. Mais à condition que ce soit au service d’un contenu original, pas d’un truc vu partout ailleurs, sinon, quelle purge !

            Et je salue les efforts des rédactions qui ont tenté de proposer des angles originaux sur LA robe, mais la question qu’il faut se poser, c’est : s’ils avaient consacré ce temps et cette énergie à traiter une autre info, est-ce que ça n’aurait pas été plus « rentable » ?

            Je prends les paris que oui, et rajouter du bruit au bruit sur cette robe relève de la flemme intellectuelle de la part des rédactions en chef, qui se disent : « Bon, la robe ça clique ; on est pas capables de proposer autre chose qui intéresse les gens, alors on va leur en donner, de la robe. »

            Au passage, merci de prendre le temps de commenter ici et de prendre la défense de ceux qui ont produit ces contenus (on notera que tu es bien seule 🙂

          • C’est difficile de comparer quelque chose de fait avec quelque chose de non-fait, mais les papiers « rebonds » sur une actualité peuvent être très lus s’ils sont bien choisis. Par exemple, les articles qui répondent à une tendance dans les commentaires font de très bons scores…

            Mais je pense qu’au-delà de la rentabilité, c’est aussi un choix de positionnement: « J’offre à mon internaute un panorama de l’actualité du jour ». Et ce serait en effet triste s’il n’y avait *que* ce panorama, avec les écueils que tu soulignes, notamment en termes de management.

            (… et c’est bien normal de venir en parler! 🙂 Je regrette juste d’arriver, comme on dit chez moi, « comme la grêle après la vendange », soit bien après la publication du billet… Peut-être que, comme moi jusqu’ici, d’autres personnes en charge des réseaux l’ont raté?)