7 fautes de français qui n’en sont pas, en fait

J’aurais pu titrer cette note « Confessions d’un emmerdeur ». Après ma sortie d’école de journalisme, j’ai été pendant plusieurs années secrétaire de rédaction, un travail qui comprend en général beaucoup de relecture de copie ou de pages.

Un TOP ou un Grevisse à portée de main, j’ai découvert quelques-unes des subtilités de la langue française, désuètes ou charmantes selon le point de vue.

Le problème avec ce type d’occupation professionnelle, c’est qu’elle tend à faire de vous un ayatollah, corrigeant par réflexe les fautes de ses amis à l’oral, et capable de partir en guerre sainte contre les impies qui enchaînent les solécismes sans réaliser l’horreur de leur sacrilège.

Mes années passées à bosser sur le Web m’ont profondément adouci. D’abord parce que relever une faute dans un article qui peut être corrigé, c’est moins douloureux, pour le lecteur comme pour l’auteur, que de la voir imprimée pour l’éternité.

Ensuite parce que j’ai découvert qu’il y avait deux sortes d’internautes qui signalaient les fautes d’orthographe :

  • ceux qui n’ont que mépris pour le journaliste coupable d’un faux pas,  « alors que c’est quand même votre métier d’écrire », et y voient la preuve définitive de votre incurable incompétence ;
  • ceux qui s’excusent vraiment de vous déranger, « mais il manque un mot dans le titre de l’article, je sais, je suis un peu obsessionnel et vous devez avoir d’autres chats à fouetter, encore pardon ».

Avec le temps et sauf misanthropie profonde, vous avez assez vite envie d’appartenir à la seconde catégorie plutôt qu’à la première.

Enfin, la fréquentation des blogs et forums spécialisés comme des ouvrages de référence m’a enseigné que dans bien des cas, il n’y a pas de règles implacables mais une série d’exceptions et de sous-exceptions.

Vous pouvez passer vos soirées à apprendre la dizaine de pages consacrées à l’accord du participe passé des verbes pronominaux que compte le TOP. Ou bien vous pouvez décider que vous avez mieux à faire de votre vie.

Mais le pire, c’est quand j’ai appris que certaines des règles que je chérissais tant étaient parfois discutables, d’autres fois à côté de la plaque. En voici un rapide florilège, que vous aurez sûrement à cœur de compléter ou de critiquer dans les commentaires.

1. « Par contre » est tout à fait correct

Martine Rousseau et Olivier Houdart, correcteurs au Monde.fr, le rappelaient déjà dans leur blog Sauce piquante en 2007 :

  « La locution “par contre”, malgré les attaques récurrentes dont elle est l’objet […] est tout à fait correcte. »

Portrait de Voltaire, auteur inconnue (Gallica.bnf.fr)
Portrait de Voltaire, auteur inconnu (Gallica.bnf.fr)

Un wikipédien véhément l’a d’ailleurs fait retirer de la notice Fautes de français destinée aux contributeurs de l’encyclopédie en ligne. « Par ailleurs » et « par avance » sont corrects, pourquoi pas « par contre », argumente-t-il.

« C’est une double préposition : c’est ça le problème, un problème de grammaire », réplique Rara dans un commentaire de cet article — preuve que les contempteurs du « par contre » n’ont pas déposé les armes. 

C’est paraît-il Voltaire qui est entré en guerre contre « par contre », et c’est donc la faute à Voltaire si je l’ai tant de fois remplacé par « cependant » ou « en revanche ».

Sur Langue-fr.net, on lira avec intérêt un décryptage de ce curieux ostracisme, défendu par Littré mais combattu par Grevisse :

« C’est plutôt une affaire de sociolinguistique : employer “en revanche” plutôt que “par contre” dénote l’appartenance culturelle à un milieu maîtrisant un code social, celui de l’expression — un code dont l’emploi est un signe de reconnaissance implicite pour “ceux qui savent”. »

Si vous écrivez « par contre » dans votre texte, vous rejoindrez un club qui compte notamment « Tocqueville, Stendhal, Maupassant, Gide, Giraudoux, Saint-Exupéry, Malraux, Bernanos, De Gaulle » parmi ses membres. Il y a pire compagnonnage.

2. On peut écrire « autant pour moi » si on veut

C’est l’un des sujets les plus polémiques sur les forums dédiés à la langue française. Beaucoup soulignent l’origine militaire de l’expression : si l’officier dirigeant un exercice se trompe dans ses consignes, il va demander à sa troupe de revenir « au temps » initial de la manœuvre, « pour moi » parce que c’est lui, et non les exécutants, qui s’est trompé.

Mais cette explication est elle-même contestée, et puis après tout,  si l’expression « autant pour moi » s’est imposée au fil du temps, c’est parce qu’elle a tout autant de sens que sa variante.

Je le confesse, j’aime bien écrire « au temps pour moi », par pure coquetterie. Mais je respecte et apprécie les partisans du camp d’en face.

3. « Une auteure », « une écrivaine », « une entraîneure »… et pourquoi pas ?

Il y a quelques années, croiser l’expression « une auteure » ou « une écrivaine » dans un texte me faisait pleurer des larmes de sang.

Mais alors que les combats féministes sont de mieux en mieux relayés dans la société ou sur les réseaux sociaux, j’avoue être en panne d’arguments contre vous si vous écrivez votre amour pour « l’écrivaine George Sand » ou votre respect envers Corinne Diacre, « première entraîneure d’une équipe de foot professionnelle française ».

Et je suis plutôt content d’utiliser une langue qui vit et évolue, plutôt qu’une collection de règles figées pour l’éternité dans quelque vieux grimoire de l’Académie française.

Je n’en suis pas à accorder chaque mot avec des tirets (« motivé-e-s ») ou à prôner la règle de proximité pour l’accord de l’adjectif — quoique l’usage actuel n’ait rien de bien satisfaisant intellectuellement, qui oblige  à écrire : « Trois millions d’infirmières et un médecin se sont retrouvés dans la rue pour manifester. »

Quand je travaillais à Rue89, on s’était donné comme règle de ne pas en avoir, et de laisser l’auteur d’un article choisir de féminiser ou non certains mots, selon ses convictions personnelles. De même, Rue89 pouvait être du féminin ou du masculin selon le contexte (« le site d’information Rue89 » mais « les riverains de la Rue89 », par exemple).

4. Oui, on peut « supporter » une équipe de foot

Si j’avais gagné un centime d’euro à chaque fois que j’ai lu un tweet ou un commentaire dénonçant l’emploi du mot « supporter » au sens de « soutenir » dans un article sur le sport, j’aurais sans doute assez d’argent pour offrir des cours de français aux auteurs de ces réclamations.

« Supporter » figure pourtant bien dans le dictionnaire du CNRTL avec cette définition : « aider activement, donner son soutien moral ou matériel à » et « encourager, soutenir ». Avec un exemple d’emploi qui date de 1897.

Si j’essaie de ne pas recourir trop souvent aux anglicismes pour privilégier — quand c’est possible et que ça ne nuit pas à la compréhension — leur équivalent français, j’ai tendance à penser que leur traque systématique finit par ressembler au chantier d’un barrage contre le Pacifique.

Ou alors, pour faire bonne mesure, il faut aussi chasser les mots « algorithme » (qui vient de l’arabe), « bivouac » (emprunté à l’allemand) et « albinos » (d’origine espagnole). Bon courage.

5. Paris est belle et Paris est beau

Les noms de ville sont-ils féminins ou masculin ? Vous pouvez essayer de trouver une règle, ce qui vous amènera à des acrobaties comme celles repérées par Francaisfacile.com :

 « Quelques linguistes suggèrent parfois de se référer à la dernière syllabe : le nom d’une ville est en effet souvent féminin si ce nom se termine par une dernière syllabe muette (comme par exemple : Bruxelles, Rome), alors qu’il est souvent masculin si ce nom se termine par une dernière syllabe sonore (comme par exemple : Dakar, Oslo).

Toutefois, cela pourrait conduire à de mauvaises interprétations (par exemple : “La Nouvelle-Orléans” est féminin alors que la dernière syllabe est sonore).

D’autres linguistes suggèrent parfois de se référer à la dernière lettre : le nom d’une ville est en effet souvent féminin si ce nom se termine par une voyelle (comme par exemple : Rome), alors qu’il est souvent masculin si ce nom se termine par une consonne (comme par exemple : Dakar, Paris).

Toutefois, cela pourrait également conduire à de mauvaises interprétations (par exemple : “La Nouvelle-Orléans” est féminin alors que la dernière lettre est une consonne). »

Ou alors, vous vous souvenez que selon Tino Rossi, Paris est la « reine du monde » et que personne n’a embêté René Clément pour avoir titré son film « Paris brûle-t-il ? ». Et vous décidez de faire comme ça vous chante. Un peu de liberté langagière ne fait jamais de mal.

6. Pour « impacter » et « prioriser », le combat est déjà perdu

On est d’accord, « impacter » n’est pas un très joli mot. Il a cependant le mérite d’être efficace : on peut lui préférer « avoir des conséquences sur », par exemple, mais c’est un chouïa plus long (edit : “affecter » fait très bien l’affaire, me suggère Emmanuelle Ducros, journaliste à L’Opinion). Et « impacter » est désormais dans le Larousse.

Même chose pour « prioriser », que le Robert accueille désormais dans ses pages (plus prudent, le CNRL le donne parmi les synonymes possibles sans en avoir fait une entrée dans son lexique).

Je propose de cesser les hostilités contre ceux qui utilisent ces deux mots, et de concentrer le feu contre ceux qui s’obstinent à « pallier à un problème » et ceux qui utilisent le subjonctif après « après que ». Ceux-là méritent vraiment notre châtiment.

7. Lamartine aimait bien « le jour d’aujourd’hui »

Le combat contre l’abominable expression « au jour d’aujourd’hui » ne date pas du jour d’aujourd’hui, justement. Pierre Larousse s’échinait déjà à lui faire un sort dans son Grand dictionnaire du XIXe siècle, paru en 1864. Le texte est savoureux :

« Cet adverbe, composé de cinq mots, “à le jour de hui”, est peut-être l’exemple le plus frappant du principe d’agglutination suivant lequel se sont formés un grand nombre de mots de notre langue. […]

“Hui” était évidemment suffisant pour rendre l’idée exprimée par le latin “hodie” ; mais, par une des redondances si fréquentes dans notre ancienne langue, on ajouta à cet adverbe les mots “au jour de”, et l’on eut “au jour de hui”, “aujourd’hui”.

Et ce pléonasme ne suffisant pas encore au peuple, il dit “au jour d’aujourd’hui”, comme nous le montre Vadé [un chansonnier de l’époque, ndlr] : “Les garçons du jour d’aujourd’hui savent si bien emboiser les filles que je devrions en être soules.”

Cependant Lamartine a su employer cette locution vicieuse avec une poétique énergie : “Dans ce cercle borné, Dieu t’a marqué ta place. / L’univers est à lui. / Et nous n’avons à nous que le jour d’aujourd’hui.”

Il nous souvient même avoir entendu de nos propres oreilles “au jour du jour d’aujourd’hui”. N’est-ce pas ici le cas de dire : quand on prend du galon, on n’en saurait trop prendre ?

Voilà comment nous rendons, par une accumulation de mots que nos pères exprimaient par un monosyllabe. Qu’on vienne donc nous dire maintenant que le progrès consiste à simplifier. »

C’est vrai qu’à part chez Lamartine, on peine à trouver un usage élégant de « au jour d’aujourd’hui ». Mais après tout, comme le montre Larousse, « aujourd’hui » est déjà un pléonasme. Peut-être finirons-nous par apprendre à aimer « au jour d’aujourd’hui »,  qui écorche encore les oreilles cent cinquante ans plus tard ?

(Merci à l’intraitable Emmanuelle Bonneau, journaliste à Rue89 qui m’a soufflé quelques-uns des exemples de cet article.)

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Depuis 2014, j'accompagne des médias dans leurs projets et je mène mes propres expériences. Retrouvez les réalisations dont je suis le plus fier dans un portfolio qui vous donnera envie d'innover !

On en discute ?

  • Agecanonix

    Etonnant de se prendre au jeu de s’intéresser à des problèmes si futiles à l’époque des SMS. Ça me plait!!!

    • Merci !

      • TristanBP

        Très sympa cet article! Reste que l’anglicisme qui me hérisse le poil à chaque fois que je le lis, à peu près dix fois par jour, est « opportunité » (Opportunity en anglais), dans le sens « occasion », « possibilité ». Que ce soit dans les articles économique ou sportif, tout le monde n’a plus que des « opportunités », bien loin du sens initial du terme opportun: « qui vient à propos ». Beurk…

  • Guillaume Nicoulaud

    Papier bien utile, merci — bien que je reste très circonspect quant au troisième point (c’est moche !).

    • Merci ! Vous verrez, dans quelques années, “écrivaine » ne vous fera même plus tiquer 🙂

      • DansLaRue

        Si ça ne fait plus tiquer, c’est que ce sont vraiment des écrits vains… ou vaines…
        Personnellement je ne l’espère pas 😉

  • Marj

    Merci pour cet article, vraiment intéressant. Si je reste boudeuse face au moche « au jour d’aujourd’hui », j’en ai bien appris sur mes fières habitudes de puriste.

  • Alexis

    Bonjour, merci pour ces précisions .
    Doit on dire des amis idéals ou idéaux ?

    • dansmonlabo

      Je sens qu’il y a un piège…

    • Olivier Vasseur

      Dans le domaine des langues, et c’est un traducteur qui vous le dit, il n’y a que des faux amis

  • Jean-noël Lafargue

    Pour le point 4, bien entendu, « supporter » a toujours signifié soutenir (le mur supporte le toit), mais il est dommage qu’on n’utilise pas plus « soutenir » quand même, car « supporter », en français, signifie aussi « accepter » ou « tolérer » (je ne supporte plus ce voisin). Il serait dommage que la littérature sportive nous fasse perdre le mot « soutenir » !
    Sur les mots estrangers, il en existe pléthore. Pour l’arabe, « algorithme » est un exemple, mais ce n’est pas un mot que l’on utilise chaque jour. En revanche, « alcool » est plus répandu et vient aussi (bizarrement), de l’arabe.

    • dansmonlabo

      Merci pour votre réaction, vous avez tout mon soutien pour la suite.

  • Louis

    Bonjour, à part au point 5, le même argument justifie tous vos points de vue : le fatalisme. « Cela a été dit par le passé », « cela s’est imposé au fil du temps », « il est maintenant impossible d’aller à l’encontre de cela »… S’il suffit d’attendre que le temps passe et que la faute se multiplie pour qu’elle n’en soit plus une, alors à terme plus personne ne fera de faute de français, quelle chance. Non pas que je sois en désaccord sur chaque point, mais je vois surtout dans ce billet un renoncement aux efforts du langage. Je vous propose une huitième expression à votre liste : « faire sens », dont vous nous gratifiez dans votre deuxième point.

    • Bonjour et merci pour votre réaction. Je pense que vous posez la bonne question : à partir de quand l’exigence doit-elle laisser la place au fatalisme ? Je pense que chacun a son propre curseur, qui dépend aussi du contexte : texto, e-mail, article de presse, roman… Pour le “faire sens” c’est vrai que la formule n’est pas très élégante, je vais la corriger.

      • Louis

        Non, ce n’est pas la question que je pose : le fatalisme ne doit avoir aucune place dans l’évolution de la langue à mon humble avis. Quand bien même 99% de la population ferait une grossière erreur de français, on ne doit pas l’accepter sans broncher pour autant.

        La bonne question est, pour chaque nouveauté de la langue, de se demander si elle a une quelconque valeur ajoutée. « Supporter » à la place de « soutenir » n’apporte strictement d’un point de vue sémantique et ne fait qu’induire des contre-sens, il devrait donc rester à la porte de nos dictionnaires. Idem pour le pléonasme « au jour d’aujourd’hui », qui ne traduit rien d’autre intérêt qu’un manque de réflexion coupable sur les mots que l’on emploie. En revanche, outre l’idéologie discutable qui a poussé le mot « auteure » à être introduit, celui-ci a au moins le mérite d’indiquer que le sujet est de sexe féminin : cette valeur ajoutée en fait un véritable candidat à l’évolution du français.

        Pour ce qui est des supports de communication : effectivement le pragmatisme peut conduire à écrire en abrégé (par exemple) dans certains cas, mais cela ne remet nullement en question les règles du bon français. Lorsque rien ne justifie ce pragmatisme — comme par exemple une limitation du nombre de caractères, chacun est tenu d’écrire selon les règles du français, par respect du lecteur et de notre culture, et même par simple rigueur intellectuelle.

        • pinailleur

          En quoi le mot « auteure » est-il plus féminin que les mots « douleur », « humeur », « peur », etc. ?

          • Guest

            bien vu

          • VoidSpirit

            Auteur contenait une ambiguïté intrinsèque liée au sexe de l’individu, là où le genre de vos exemples est clairement défini. Votre pinaillage est donc hors de propos.

          • pinailleur

            Vous n’attendez certainement pas d’un pinailleur qu’il cède sans combat. Je pose une autre question : pourquoi a-t-on inventé les horribles mots « auteure » ou « professeure », et pas le mot « docteure » ? Et le genre est-il clairement défini dans toutes les phrases possibles ? Que pensez-vous de ce charcutier en tant que personne ? De cette nouvelle recrue, qui est un vieillard à longue barbe ?

          • métreuse

            doctoresse merci

            une métreuse qui tiens à son « se » (et pas métreure).
            Et le français évolue oui. Partez donc en Pays francophone et vous verrez que la langue française a évolué autrement dans d’autres pays. « Monsieur le président permettez moi de baiser votre femme » a dit le président ivoirien au président français

          • pinailleur

            Métreuse est moins laid que métreure. Existe-t-il des mots en -eure, à part la rivière du même nom ?

            Au Québec, si je dis que j’embrasse mes gosses chaque matin, on me félicite pour ma souplesse, car gosses=gousses=couilles. Et les québecois parlent de fin de semaine et de stationnement, au lieu de week-end et parking. Mais personne n’est parfait, c’est eux qui ont inventé le hideux « professeure ».

            Tout ça pour dire que toute évolution n’est pas forcément bonne.

          • Prospero26

            Excellent! Vive le Quebec!

          • Khemnis
          • Pourquoi pas en effet !

        • On sera d’accord sur le pragmatisme. Pour le reste, “supporter” n’apporte rien à notre langue selon vous, mais pour ceux qui s’en servent, il doit bien apporter quelque chose, sinon ils ne s’en servirait pas. Qui doit décider qu’un mot est utile ou bienséant et qu’il ne l’est pas, si ce n’est ceux qui s’en servent ?

          • Louis

            « le mot supporter doit bien apporter quelque chose, sinon ils ne s’en serviraient pas » => cent euros pour celui qui m’expliquera qu’il y voit une différence sémantique et qu’il l’utilise volontairement dans ce but.

            Vous semblez penser que les gens choisissent leurs mots consciencieusement, ce qui est très rarement le cas. Tout le monde tend à réutiliser les termes qu’il entend autour de lui (par facilité de compréhension et par mimétisme pour s’intégrer au groupe) et c’est ainsi que la langue dérive, à vitesse accélérée avec la mondialisation. L’utilisation de « supporter » n’est rien d’autre qu’un anglicisme qui passe d’autant mieux aperçu que l’on parle des « supporters » d’une équipe. Mais les supporters ne supportent pas, ils soutiennent, navré si c’est complexe mais il faut pourtant l’expliquer aux jeunes.

            Et les règles du français ne peuvent pas être faites par ceux qui le parlent, sinon il y aurait presque autant des règles différentes que de locuteurs. On peut lui reprocher ce que l’on veut, mais c’est le rôle de l’Académie Française de faire la part entre les progressions et les régressions.

            Mais arrêtons-nous là, il y a des livres entiers écrits et à écrire sur le sujet. J’espère simplement que vos lecteurs ne prendront pas votre billet de blog pour argent comptant et poursuivront la réflexion.

          • « C’est ainsi qu’une langue dérive », écrivez-vous. C’est ainsi qu’une langue vit, ai-je envie de corriger.

          • Louis

            Une langue doit évoluer pour vivre oui, mais si cette évolution est l’acceptation du n’importe quoi venu de n’importe où et d’ailleurs, c’est une vie qui court vers une fin prématurée. Après, la fusion des langues qui est en marche est peut-être le début d’autre chose, un monde où tout le monde parlera plus ou moins un même langage ? Il y a de quoi s’inquiéter pour notre culture mais aussi de quoi espérer pour un nouveau monde. Tout cela est terriblement intrigant et intéressant en tout cas.

          • Sébastien

            Cher Louis, j’ai l’impression à vous lire que vous ne connaissez pas vraiment les langues et l’histoire des langues. Et notamment de la nôtre, mais pas seulement. Les langues « vivantes » le sont à mon avis parce qu’elles sont pratiquées, à l’écrit et surtout à l’oral, avec tout ce que cela comporte de raccourcis, de déformations… ; les langues anciennes sont souvent appelées « mortes » parce qu’elles ne sont plus pratiquées comme telles par des petits enfants dont la langue natale serait le latin et dans laquelle ils balbutieraient et feraient des fautes.

            Au regret d’en décevoir certains, même si je suis pleinement d’accord que la mondialisation apporte nombre de méfaits assez insupportables du point de vue moral et sanitaire entre autres, elle ne menace en rien notre brave pâtois de latin bourré de fautes.
            Il n’y a pas « une » langue française. Il y en a énormément, des strates et des strates pour chaque locuteur, selon les contextes, selon son rapport à la langue etc. Si vous ne portez pas de « t-shirt » mais un « chandail », tant mieux pour vous! Mais j’ai le malheur de porter des t-shirts sous mes pulls, que je rentre dans mon jean. Ah, la perfide Albion!

            Pour la petite histoire, avez-vous conscience que « supporter » a été utilisé il y a des siècles pour dire « soutenir », et que l’Anglais s’en est inspiré pour créer « to support »? Que le Français l’a repris j’imagine à cause du jargon du Football et de ses « supporters » (que je prononce personnellement « suportaires »); et qu’ainsi, je découvre émerveillé que certains locuteurs du français qui nous sont contemporains font revenir inconsciemment le verbe « supporter » à un sens ancien? En fait c’est un usage désuet et non un barbarisme moderne!

            Maintenant pour le moment humoristique : prenez le mot « bœuf », donnez-le à l’aristocratie anglaise qui veut se la jouer Plantagenêt, et ils diront « beef ». Ajoutez-y un mot de vieux norrois et vous obtiendrez le mot-valise « beefsteak ». Donnez-le aux français, vous aurez un « biftek ». N’est-ce pas affligeant tous ces effroyables mélanges de langues? Ce n’est pas mon avis. Je trouve cela fascinant.

          • Pareil avec redingote. Remontons le temps :
            Redingote (EN) <= Redingote (FR) <= Riding coat (EN) <= Cotte (d’équitation) (FR)

          • Acsacal

            SUPPORTER

            Nous nous heurtons peut-être à la fois au snobisme de ceux qui se veulent « mondialisés » et à la formation défaillante de beaucoup de journalistes qui croient avoir traduit de l’anglais ce qu’ils ont seulement recopié sans chercher à en comprendre le sens :
            — pourquoi des « fermiers » au Zimbabwé et des « agriculteurs » en France ;
            — des « générateurs » à Bagdad et des « groupes (électrogènes) » à Dakar ;
            — des « surcharges » carburant à air France et un « supplément » cornichons pour votre sandwich ;
            — des « routes » aériennes et un « itinéraire » pour votre bus ;
            — pourquoi Easy Jet envisage d” »opérer » des vols supplémentaires pour tirer parti de la grève des pilotes chez Air Francealors qu’il aurait été aussi simple de mettre en service davantage d’avions.

            AU JOUR D’AUJOURD’HUI

            On en parle souvent, mais qui emploie sérieusement cette expression ? Bizarrement, on ne parle jamais de « ce jour » (« En raison d’un mouvement social sur la ligne XXX, les trains subiront ce jour un retard indéterminé »). Signalons quand même que le « hui » de au jour d’aujourd’hui vient de l’adverbe latin « hodie » qui lui même signifie « hoc die », c’est-à-dire exactement « ce jour ».

            PAR CONTRE

            « En revanche » est moins souvent critiqué que « par contre » mais, contrairement à cette dernière expression, l’est avec une justification précise (l’exemple habituellement cité étant : « mes deux fils sont revenus sains et saufs de la guerre, en revanche ma sœur est morte de la tuberculose »). Personnellement, je trouve de plus que la terminaison chuintante affaiblit l’effet d’opposition recherché par le locuteur.
            On a toujours le droit de dire « au contraire ».

          • Geoffrey

            L’utilité de « supporter » est capitale, elle permet d’avoir des synonymes. La langue français serait destestable sans synonymes, déjà que je la trouve assez pauvre. Prenez exemple sur le russe, ils ont beaucoup plus de mots que nous pour exprimer des idées.

            Autant je peux parfaitement comprendre un pinaillage sur la forme d’un texte ou encore sur le bon usage des accords, autant je trouve ridicule de se battre pour si peu, alors que les deux expressions.

            Appliquer des règles bêtement c’est à la portée de n’importe quel être avec une colonne vertebrale et deux jambes, pour la tête il n’y en a pas besoin.

          • Geoffrey

            Alors que les deux expressions sont possibles et non discutables.*

            J’ai oublié quelques mots :D.

        • Olivier Vasseur

          Vous dites  » Quand bien même 99% de la population ferait une grossière erreur de
          français, on ne doit pas l’accepter sans broncher pour autant. » Mais si. Vous pouvez choisir de ne pas employer le mot ou l’expression en question, mais quand 99% des français font une faute, ce n’est pas une faute, c’est une évolution de la langue.

          Qu’on le veuille ou non, c’est l’usage qui fait la langue. Si vous soutenez la position contraire, il faudra m’expliquer d’où vous tenez votre définition du « bon français ». Si 99% pour cent des gens sont persuadés qu’une expression est correcte, comment reconnaître les 1 % des français qui ont raison contre eux?

          Comment définissez-vous le bon français, si ce n’est pas le français tel qu’il est parlé et écrit? (avec des nuances en fonction des situations: on écrit pas tout à fait la même langue quand on rédige un courrier électronique ou un lettre au Président de la République, un adolescent prudent évitera de parler à ses parents comme il parle à ses copains, etc, chacune de ces nuances du français étant correcte, car adapté à la situation).
          Le passé n’est pas un argument très solide : nous ne parlons plus la langue de Montaigne ou de Rabelais, il a bien fallu que des changements soient acceptés.

          On avance parfois l’argument des « bons auteurs ». Le français correct est
          celui employé par les bons écrivains. Comment les reconnaît-on? Eh
          bien, parce qu’ils écrivent en bon français, évidemment.
          On peut aussi citer des ouvrages de références, mais ce n’est que déplacer la question: d’où vos ouvrages tirent-ils leur autorité?
          D’autant que ces ouvrages évoluent et qu’aujourd’hui, les grammaires et dictionnaires prescriptifs (qui indiquent comment il faut parler ou écrire le français) sont devenus presque totalement descriptifs (indiquant comment le français est parlé et écrit). Soyez certains que si 99% des français font une faute, elle se retrouvera dans les ouvrages de références en questions, probablement avec la mention « usage critiqué » ou analogue pendant quelques années.

      • Louis

        En conclusion, les ajouts comme « supporter une équipe » ne sont pas des évolutions positives de la langue, ce sont des régressions. En plus d’être inutiles et maladroits, ils remplacent et appauvrissent notre vocabulaire qui, lui, comporte des mots au sens bien établi qui maintenant tombent dans l’oubli.

        • Philippe Hellouin

          A noter qu’à vouloir trop bien faire, vous transformez 60 millions de supporters en souteneurs et je ne suis pas sûr que la morale y gagne. 😉

      • gargamelle

        Non c’est vous (YG) qui ne posez pas le bon cadre. Le titre du papier parle de « fautes » de français. Qui dit fautes dit règles. Ces fautes sont supposées en être eu égard à quelle(s) règle(s) ? Si vos règles dé référence sont la langue orale la moins soutenue que l’on puisse entendre dans la rue, a peu près tout devient une faute qui n’en est pas une. Alors voilà : ces 7 exemples, pourquoi les énoncez-vous comme fautes putatives ? Et quelles règles vous permettent de les accepter. Si vous répondez à ces deux simples questions, tout sera dit.

        • Bonjour Gargamelle, et bienvenue Dans mon labo.

          - « Fautes » est à comprendre dans le sens : « on pense souvent que ce sont des fautes alors qu’en fait, ce n’en sont pas, ou pas forcément ». Le titre me semble suffisamment clair, et, à part vous, j’ai l’impression que l’ensemble des lecteurs ont bien compris le sens de mon texte.

          - Les « règles » du français sont loin d’être aussi claires et figées que vous le laissez penser dans votre commentaire, même lorsqu’on adopte un registre de langue exigeant.

    • Fanny B

      En ce cas, si rien ne doit jamais évoluer, je propose de brûler tous les « au cas où », totalement illogiques, et de les remplacer par le bon vieux « en cas que ». Comment ça, c’est moche ? A ben oui, mais c’est ça la « vraie et authentique » expression « juste », faut s’y faire ! 😀

  • Zebra

    J’ai une question complémentaire concernant l’expression « faire sens » que l’on entend de plus en plus souvent et qui a été employé dans ce billet. N’est-ce pas un anglicisme ? Il me semblait que « avoir du sens » était l’expression française initiale.

    • Oui, ce n’est pas très élégant, je l’ai corrigé.

  • TomTom

    Oui enfin désolé de repartir dans ce débat sans fin, mais pour
    « au temps pour moi/autant pour moi », c’est pas parce que des millions « d’idiots » l’écrivent « autant pour moi » sans réfléchir que cela peut avoir un sens.

    Plus jeune, avant de savoir écrire l’expression, et que je sache que c’était « au temps pour moi », je n’arrivais jamais à comprendre son sens, pensant (ignorant que j’étais) qu’elle s’écrivait « autant pour moi ». Je ne voyais pas pourquoi il y en aurait eu « autant pour une personne » quand celle-ci se trompait. Je ne voyais pas du tout ce que pouvait signifier ce « autant ». Autant quoi ? Autant = à quantité égale. Mais quoi ? « Autant pour moi » = « mettez en la même quantité que la personne qui me précède ». C’est tout…
    J’ai déjà vu bien des gens essayer de donner une raison valable d’écrire « autant pour moi », mais j’ai toujours trouver leurs explications farfelues, et de mauvaises foi.

    Et pour moi, une ville sera toujours féminin, que ça soit Paris, Lille ou Montcuq.

    • - On peut parler ou écrire le français et commettre des impairs sans être un “idiot”. L’utilisation d’une langue n’est pas restreinte aux individus disposant d’un certain niveau de QI ou d’éducation
      — “autant pour moi” = « je me suis trompé, infligez-moi la même peine que celle que je vous ai infligée »
      — « Le Havre » est du féminin pour vous ?

      • TomTom

        Je suis déjà tombé plein de fois sur cette explication, visiblement pro-SM. Demander pardon, ce n’est pas demander une punition…

        Oui, j’estime aussi que Le Havre est féminin. « Le Havre est belle » ne me choque pas du tout.

        Et Saint-Étienne aussi est féminin, même si Étienne est un prénom masculin.

        • C’est une liberté que vous vous accordez, alors (et je pense que vous faites bien).

          • Laure Colmant

            D’après le Jouette, « l’usage actuel est de faire masculin tous les noms des localités (Paris est grand ; notre cher Maubeuge). Mais on peut rendre féminin certain nom commençant par l’article fémini (La Ciotat ; La Courneuve, etc) ». On dit d’ailleurs (et ce depuis mon primaire dans les années soixante), le Grand Paris quand on veut parler de la capitale et de sa banlieue.

    • Coquecigrue

      Je suis, quant à moi, allergique aux militaires. Je l’écris donc comme il me chante : OTAN pour moi quand on me contraint à une diplomatie que je n’assume pas, Autan pour moi quand le sujet, de peu d’importance, s’envole de mes pensées et même Wotan pour moi s’il y a de l’orage dans l’air.
      Na.

  • Mazzhe

    Je reste réticent à l’idée d’accepter le verbe «supporter» dans le sens «soutenir», car cet usage prête à confusion : si je dis que je ne supporte pas cette équipe, allez-vous en déduire qu’entendre son nom me donne de l’urticaire, ou que j’y suis simplement indifférent ?
    C’est pour cette raison que je continuerai à soutenir l’usage du verbe soutenir, et à ne pas supporter l’utilisation abusive du verbe supporter.

  • pinailleur

    Que pensez-vous du mot « futur » qui remplace maintenant le mot « avenir » de manière systématique ? Encore un anglicisme, bien sûr.

    • “Cet homme est rare en un tel métier : il parle sans tarir, sans arrêt, sans repos, enflant et descendant sa voix, avec − au milieu de toutes les solennelles phrases de l’orateur du futur et de tous les grands riens de la faconde divinatrice”, écrivait Goncourt en 1865. Je pense qu’on peut accueillir ce mot, que je trouve plutôt joli, dans nos lexiques, non ?

      • pinailleur

        Je ne dis pas que le mot « futur » n’existe pas en français, mais seulement que depuis le film « Back to future » on n’utilise plus le mot « avenir ». On pourrait facilement trouver des centaines de citations de personnes célèbres parlant de l’avenir de la France, ou du fait que la femme est l’avenir de l’homme, etc. Et on m’a appris dans les classes primaires les temps du futur et du futur antérieur. Mais on m’a dit aussi que dans les études littéraires je n’avais pas d’avenir. Bref, les deux mots existent, et avec des sens différents.

  • DansLaRue

    « Au temps » est juste incroyablement laid.
    Lorsque je dit « autant pour moi », mon propos n’est pas de me soumettre a un argument d’autorité (je me met au temps que vous définissez), mais de reconnaitre une erreur selon mon propre jugement (j’ai cru que vous étiez dans l’erreur…). Après, tout dépend si l’on a une pensée plus ou moins libérale…

    Par contre « Impacter » possède pour moi le sens d’immédiateté de l’impact physique que n’ont pas les autres termes proposés.
    « avoir des conséquences sur », « influencer » n’ont pas ce côté percutant, direct, voir strictement déterministe.
    Le battement de l’aile d’un papillon en Afrique peut « influer sur » la météo des USA, mais dire qu’il l” »impacte » aurait une dimension assez effrayante géopolitiquement…

    @jeannollafargue:disqus : pas tout a fait d’accord pour votre mur, qui est à la fois « supporté » et « soutenu » : le 1er terme me semble plutôt se réfèrer aux contraintes qu’il subit/exerce en retour, tandis que le 2nd se réfère plutôt à l’utilité de l’organisation spatiale du toit et du mur.
    Un peu la même différence qu’entre la cinétique (qui étudie le comportement d’une masse) et la cinématique (qui n’étudie que la forme d’un mouvement, indépendamment de la masse et autres causes qui produisent ce mouvement) pour caractériser le comportement d’un seul et même objet.

  • Macchanges

    Un régal cet article!

  • Djamé

    je refuse de croire que vous n’avez pas cloué au pilori de la téhon suprème « solutionner » résoudre sonne pourtant tellement mieux..

  • Mauvais élève

    Bonjour, j’ai bien aimé cet article. Je suis pas aussi pointu que vous mais j’aimerais savoir pourquoi on ne dirait pas auteuse pour le féminin de auteur ?
    On dit bien voleuse pour le féminin de voleur. De même surfeuse pour le féminin de surfeur. Cela dit je trouverais cela trés laid de dire professeuse pour le feminin de professeur ! Perturbant non ?
    Je reste également perplexe quant à l’usage de « Madame le président » alors que pour moi il faudrait adopter « Madame la présidente ».
    Je serais ravi d’avoir un retour qui me permettrait d’y voir plus clair.

    • lamou8

      Un voleur peut voler : une voleuse
      Un surfeur peut surfer : une surfeuse
      Un auteur ne peut pas auteurer.

      • Géraldine

        En revanche, une autrice est à l’auteur ce qu’une actrice est à l’acteur.

  • Fix

    Bonjour,
    Je me considère aussi un peu comme un ayatollah de la langue française, sans pour autant avoir votre expérience professionnelle… Je reste attaché à ce que mon éducation m’a appris : pas de liaison dans « les haricots », pas de « malgré que », ni de « ce midi », l’abréviation de « Monsieur » est « M. » et non « Mr. »… Mais j’ai découvert depuis que les souliers de vair plutôt que verre de Cendrillon ou encore les scénarii plutôt que les scénarios étaient de mauvais combats… Difficile pour tout le monde de s’y retrouver !
    Le verbe « supporter » ne me choque pas, je lui trouve l’avantage d’ailleurs d’autoriser quelques jeux de mots.
    Bref, les langues vivent et en découle par exemple l’étymologie qui est un sujet véritablement riche et passionnant ! J’aimerais que la langue française s’enrichisse sans trop s’uniformiser sur l’anglais, mais surtout que l’évolution tant attendue aille vers des règles plus claires et plus logiques. Ainsi, si on abandonne le « h » aspiré pour la liaison, il faut le faire aussi pour l’élision : dire « l’haricot » et non « le haricot »…
    Mais il est certain qu’on ne peut enfermer une langue dans un carcan !
    Fix

    • Thomas Grenier

      Errare humanum est, perseverare diabolicum 🙂

  • setadt

    Je me permets a défaut d’autres choses un éclairage sur le rapport à l’orthographe. Souffrant d’une orthographe disgracieuse je me suis interrogé sur le pourquoi de ce rapport à l’orthographe propre à la France : http://usagesetconvenances.wordpress.com/2014/05/21/le-trace-la-liberte-et-lorthographe/ ( votre avis est le bienvenu également)

    • Raudi

      Votre article cité commence d’ailleurs très mal: emploi de « dédicacer » au lieu de « dédier ». Dommage.

  • Des nouvelles de l’Ecossaise..

    Des nouvelles de l’Ecossaise…

    Cet article est sympa mais je dois être en Avignon pour midi !

    Micka FRENCh surle Web…

  • J’avoue que mes cheveux se hérissent toujours autant quand j’entends le verbe « impacter »…

  • Et moi qu croyait bien connaitre la langue française ! Félicitations.

  • germinolegrand

    Pour ma part, si une ville est souvent au féminin, c’est parce que j’y sous-entends « la ville de » précédant son nom. Par exemple « la ville de Paris est belle » est équivalent à « Paris est belle » (même si je n’en pense pas un mot). C’est l’intuition que j’en ai, mais peut-être suis-je dans l’erreur la plus complète…

    • Je pense vraiment qu’il n’y a pas d’erreur ou de faute dans cette histoire, juste des usages et des goûts

  • MikoMasr

    La superbe langue française que nous cherchons à défendre aujourd’hui n’est que le résultat de « régressions » (comme en parlent certains commentateurs ici) hideuses qui l’ont inexorablement séparée du latin au fil du premier millénaire. Alors que défendons-nous, au juste, à part le confort d’une habitude rassurante, sinon une langue bâtarde, mélange honteux de bas-latin et de vulgaires patois régionaux ? Qu’en dirait Cicéron !
    On a peur du monde qui change trop vite, alors on momifie la langue. Une langue qui a pourtant perdu sa pureté depuis des siècles déjà. Histoire d’avoir encore des points de repère familiers quand on se trouve dépassé par le rythme de la vie moderne. Ah, les vieux shnocks…

  • Olivier Vasseur

    Bonjour, au risque de déclencher les foudres de nombreux Internautes, je crois qu’il faut quand même rappeler que c’est l’usage qui fait la langue. Quand tout le monde fait une faute, ou du moins quand une proportion importante de la population fait une faute, ce n’est plus une faute, c’est la langue qui a évolué.
    On peut le regretter, ne pas trouver beaux ou logiques certains choix, mais c’est ainsi. La seule réponse à apporter à ceux qui contestent cela, c’est une question : « loquerisne latine ? » (« parles-tu latin ? ») Car au fond, le français n’est jamais qu’un ensemble de fautes de latin devenues acceptables. Cela dit, il reste une marge d’appréciation : il est difficile de fixer le moment ou un mot ou une tournure grammaticale sont devenus suffisamment courants pour être considérés comme corrects.
    C’est là qu’entrent en jeu les dictionnaires et ouvrages de référence. Contrairement à une idée tenace, tous les dictionnaires sont aujourd’hui descriptifs et non prescriptifs : leur objectif avoué est de décrire comment le français est parlé et écrit, et non de prescrire comment il faut le parler.
    Le dictionnaire apporte aussi des précisions sur les situations d’usage, car un terme n’est pas acceptable ou non dans l’absolu. Quand le dictionnaire indique un « usage critiqué », le terme est à éviter dans un texte écrit formel. Un terme « familier » ou « vulgaire » est à éviter dans une conversation avec son patron, etc.
    L’auteur d’un texte a aussi la possibilité de ne pas employer les termes qui lui écorche les oreilles.
    « impacter » me fait mal aux oreilles, mais j’ai du mal à comprendre le déchaînement contre « au jour d’aujourd’hui », qui me semble une forme d’insistance par répétition. Cette expression me semble de la même eau que « sain et sauf » « clair et net »… le procédé est moins courant qu’en anglais, mais il existe.
    La question du genre des villes se pose aussi pour les noms d’entreprise, avec le même argument du féminin puisqu’« entreprise » est sous-entendu.

    Pour terminer une de mes bêtes noires : la VOD. Peut-on imaginer plus stupide que cet emploi du sigle anglais qui correspond à « video on demand » quand il suffirait de changer le « O » en « À » pour désigner la « vidéo à la demande » ? Malheureusement, les fournisseurs de VOD utilisent ce terme et les utilisateurs ont accepté cette ânerie et le terme s’est imposé.

    • Marie

      Je rejoins Olivier Vasseur. Sans tout accepter, il faut bien reconnaître que « l’usage fait la langue ». Ne voit-on pas apparaître à l’oral les sur-passés « Je l’ai eu fait » (découverts à mon arrivée en Isère — sortis de la bouche de l’instit de mon fils…) qui d’ici peu intégreront nos grammaires …

      • L’emploi du “temps surcomposé” (“ça a eu payé”, “il l’a eu fait”) n’est pas à proprement parler une faute (ou une erreur), même si ces constructions sont tombées en désuétude, sauf dans certaines régions – on l’entend encore parfois en Bretagne notamment, par mimétisme avec le breton. Votre instit’ ne fait qu’entretenir une tradition régionale 🙂

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Temps_surcompos%C3%A9

    • Eleni

      Bonjour,
      Je suis tout à fait d’accord avec Olivier Vasseur: la langue évolue, les langues évoluent! Le mot « faute » est d’ailleurs issu de la grammaire scolaire qui est normative et non descriptive. Au risque de choquer, je vous demande de dire à haute voix, spontanément, sans penser aux règles, la phrase suivante: « Après que tu pars/ après que tu es parti, j’irai faire les courses ». Si vous faites le test, vous verrez qu’un bon nombre des personnes seront choquées par cette construction, pourtant grammaticalement correcte (« après que + indicatif »). Est-ce que vous croyez que la construction « après que + subjonctif » est née un beau jour, parce qu’une personne ignorante (ou « idiote », selon un commentateur ci-dessous) a décidé, tel un gourou charismatique, de répandre une « faute »? Sa force de conviction a été tellement grande que l’expression s’est propagée comme un virus létal! Bien sûr que non. Les gens ne sont pas idiots: ils construisent la langue sur un paradigme, un modèle existant. En ce qui concerne « après que », il se construit actuellement sur la base des conjonctions de subordination « bien que », « afin que », « avant que » etc. + subjonctif. Le subjonctif est imposé tout simplement par « que » (et pas parce qu’on exprimer le doute…). Et on devrait enfin faire attention à l’emploi de « langue française »: la langue française de l’hexagone, de Belgique, de tout pays francophone?

      • Vous avez raison de pointer la faiblesse de mon raisonnement concernant « après que ». Je n’ai d’autre solution que de me réfugier derrière le droit absolu à la mauvaise foi. Que serait un débat sur la langue français si on ne pouvait plus exercer cette liberté fondamentale ? 😉

        Bonne semaine à vous, et merci pour votre retour.

  • Géraldine

    Je suis toujours un peu surprise par ces personnes qui veulent bien féminiser, parce que tout de même, il faut vivre avec son temps, mais sans que cela s’entende trop. On acceptera donc auteure, mais pas autrice (alors qu’actrice passe comme une lettre à la poste). On parlera d’une chercheure, alors qu’une personne de sexe féminin qui cherche est une chercheuse, une personne de sexe féminin qui vole est une voleuse et une personne de sexe féminin qui chante est une chanteuse…

    En espagnol, à l’écrit, l’usage du « x » à la place du « o » (masculin) ou du « a » (féminin) qui marquent le genre est en train de s’étendre. On parlera ainsi des « pilotxs » pour parler des pilotes d’avion. Cela a un avantage considérable : en finir avec la binarité des sexes, et inclure les personnes intersexuelles ou transgenre qui ne se reconnaissent ni dans l’un ni dans l’autre.

    (pour les commentaires, je vous demande d’évitez de me parler de la « théorie du djendeur », qui n’existe pas)

  • titi

    Toute langue vivante évolue, et souvent par des emprunts aux langues étrangères. C’est ce qui fait sa richesse.

    Continuer à vouloir figer le français, c’est le condamner à disparaître.

  • Lucius von Lucius

    Pourquoi n’avez-vous pas évoqué l’horrible « vibromasseur », alors que l’on devrait logiquement dire « vibro mon frère », puisque masculin ?

    • Guest

      haha, heureusement que nôtre langue n’est pas que phonétique…

  • Coline Grasset

    Très bon article, vision humoristique des trésors de la langue française… Bruno Leandri affectionnait particulièrement l’expression à rallonge, le double pléonasme « mais qu’est-ce que c’est que ça » auquel il faudrait répondre selon lui « c’est un mouton que c’est un mouton qu’un mouton » pour correctement répondre à la question posée…

  • Prospero26

    Le point 3 (féminisation de mots masculins qui n’ont pas d’équivalences féminines) induit des préalables:
    Evolutions de la langue: oui, une langue évolue naturellement (voir la naissance du verlan qui est une heureuse contribution); mais dans ce cas précis, il s’agit d’une évolution au « forceps »… donc rien de naturel.
    Combat pour l’égalité hommes-femmes: combat indispensable, mais si l’égalité des salaires ne suit, si l’égalité est absente dans les postes et fonctions de direction, cette féminisation sombre dans le ridicule. Avec la question qui suit: que font d’autre pour faire avancer le combat pour l’égalité hommes-femmes les tenants des « auteure », « professeure », « procureure », etc. En l’occurrence ce n’est que se donner bonne conscience à bon compte… « Voyez, comme je me bats pour l’égalité hommes-femmes. » Risible.
    Qui a décidé (ou qui décide) que tel mot (profession, fonction, etc.) doit être féminisé de telle manière et pas d’une autre? Question à laquelle je n’ai pas encore reçu de réponse. Qui sont les Vaugelas du XXIe siècle?
    Sur un plan pratique, « eur » n’induit pas automatiquement « eure ».
    Vendeur = vendeuse, coiffeur = coiffeuse, tricheur = tricheuse, etc. ; acteur = actrice, instituteur = institutrice, etc.; docteur = doctoresse.
    Outre le fait que les « eure » sonnent lourdingues, il y a des femmes qui trouvent aberrantes ces féminisations. Lors de la création d’un spectacle à Colmar, Claude Buchwald s’est mise en rogne en lisant dans le journal qu’elle était « metteure en scène ». « Je suis metteur en scène » a-t-elle affirmé. Idem pour celle qui avait été nommé recteur à l’Académie de Strasbourg: « Je » suis recteur et non recteure. »
    Mais soit, pourquoi pas? Mais alors cherchons des féminisations qui écorchent moins l’oreille. Auteur? Autrice existe, pourquoi pas alors une extension? Procureur? Procuratrice existe. Là aussi une extension est possible. Avis aux enthousiasmes « vaugelasiennes »…

  • lui

    Et on doit dire un moyen memotechnique ou mnemotechnique (ou avec le n) ? j-ecris avec un clavier etranger alors soyez indulgents pour les accents !

  • Gij

    Bonjour, je crois que je t’aime.

  • Julien

    Autre classique : « voire même ». J’ai longtemps hurlé avec les loups contre cette redondance avant de la retrouver sous la plume de Descartes. Et j’en ai conclu humblement que mon obstination n’était pas très… cartésienne.

    • Ahah je voulais l’ajouter à la liste mais mon texte était déjà long.

  • Faaayaaa

    Bonjour.

    Excusez moi vraiment de vous déranger, mais il me semble bien que l’on dit « Chouia » tout court et non « Un Chouia », je sais, je suis un
    peu obsessionnel et vous devez avoir d’autres chats à fouetter, encore
    pardon.

    😛

  • matt

    Mais pourquoi diable « entraîneure » et pas « entraîneuse » ? Dans mon Petit Robert, il est écrit « Entraîneur, euse — Personne qui entraîne un coureur, un athlète, une équipe sportive. » Alors où est le problème ? Peur de l’homonymie avec la « jeune femme employée dans les bars » que mentionne également le P’tit Bob dans son entrée suivante ? Ce n’est pourtant pas la seule homonymie de la langue française… et ce serait, paradoxalement, un peu macho d’interdire aux « entraîneuses » de n’être que des taxi-girls, vous ne trouvez pas ?

    • Tout simplement parce que les intéressées n’aiment pas le mot « entraineuse » pour la raison que vous donnez vous-même, et ça peut se comprendre, non ?

      • matt

        Mais alors faut-il bannir « la ministre » au prétexte que certaines intéressées (surtout au sein des gouvernements précédents, certes, mais peut-être aussi dans les gouvernements à venir) n’aiment pas cette tournure ? Faut-il bannir « la députée », ou faire un référendum au sein de l’Assemblée nationale pour savoir comment écrire ? Je préfère prendre acte des évolutions de la langue, surtout lorsque je peux m’appuyer sur le dictionnaire pour les justifier dans les textes que je corrige… 🙂

  • rara

    PAR CONTRE : c’est une double préposition : c’est ça le problème, un problème de grammaire.…donc non comparable avec « par ailleurs » ou « par avance ».…..

    • Diable. Et c’est une raison suffisante pour s’interdire de l’utiliser ?

      • Louis

        Commentaire intéressant de rara ; cette explication aurait dû figurer dans le billet de blog puisqu’il s’agit bien là du cœur du problème du premier point. Mais Yann, puisque vous semblez n’accorder aucune importance aux règles du français face à l’usage courant, je vois bien qu’il n’y a pas de discussion possible avec vous. Quand je lis votre réponse à rara et que je vois la façon dont vous les balayez d’un revers de main, les bras m’en tombent. Si tout est permis, alors vous avez raison : tout est possible, alors pourquoi s’en priver. Je suis curieux, y a-t-il une seule chose que l’on n’aurait pas le droit de dire selon vous ? Si oui, de quel droit faites-vous cette affirmation ? Si non, pourquoi avoir écrit un article sur des règles du français s’il n’y en a pas ? Je ne comprends pas votre logique.

        • Je suis désolé si ma réponse à rara vous a paru agressive, je vais de ce pas mettre à jour l’article avec son explication comme vous le suggérez.

          Sur le fond : je ne dis ni ne pense que le français ne doit pas avoir de règles, je m’interroge juste sur leur évolution et leur intérêt quand les usages eux-mêmes évoluent. Interrogation née de mon parcours personnel, comme je le raconte.

          Ça veut dire trouver un équilibre entre intransigeance et fatalisme, mais ça ne peut être tout l’un ou tout l’autre.

          • Louis

            Aucunement agressive, je vous rassure ! Simplement nonchalante. Le sujet est intéressant mais que répondre à quelqu’un qui vous dit simplement « et alors ? » lorsque vous lui faites remarquer qu’une expression est grammaticalement vide de sens ?

            J’utilise moi-même l’expression « par contre » à l’oral, par habitude malheureusement car on m’a enseigné trop tard le problème grammatical qu’elle pose. Mais cela ne m’empêche pas d’essayer de corriger cela pour les générations futures. Si la langue se plie dans un sens, elle peut se plier dans l’autre, n’est-ce pas ?

    • Louis

      Oui, et l’on peut rapprocher cela de la regrettable expression « de par » qui s’est répandue depuis quelques années et qui ne choque déjà plus grand-monde.

  • Marie Amélie Putallaz Tripon

    Je n’ai pas lu tous les commentaires mais j’ai souri en voyant le débat autour de la fatalité de l’évolution de la langue. Il n’y a pas si longtemps, j’avais encore des cours de linguistique, en fac. Et j’avais un prof”, plutôt iconoclaste, adepte de la pragmatique linguistique et fâché avec les grammairiens normatifs. Son idée: la langue est une matière vivante, ce qui est proscrit aujourd’hui sera prescrit demain (et réciproquement). Donc soit on attend que les grandes instances du dictionnaire et du Bescherelle avancent avec leur temps… soit on s’autorise à anticiper de temps en temps. Et à considérer une nouvelle tournure comme « passée en langue ». Sa vision est un peu extrême, mais j’avoue: j’appelle de mes voeux les plus chers l’abandon définitif de l’indicatif avec « après que ».…

    • C’est joli, « passer en langue », je m’en resservirais

    • Thomas Grenier

      Le problème est de ne plus comprendre les auteurs du passé. Et ce n’est pas la peine de remonter à Rabelais lorsque l’on lit Corneille, Rousseau ou même Proudhon certains mots ont un sens qui ont légèrement changé et si l’on ne pratique pas la lecture des siècles derniers on risque de faire des contre-sens.

      Si l’on faisait par exemple lire « Le Cid » a l’assemblée nationale les députés comprendraient que le mot race n’a pas qu’un sens biologique; Normal la biologie comme science n’existait pas au XVIIeme.

  • Jack O’lantern

    Bonjour !

    Quant au point cinq, je ferais remarquer qu’au jour d’aujourd’hui est de toute manière loin d’être stupide.

    Un langue évolue, de même que sa population et celle ci n’a pas nécessairement mémoire du sens de nos anciens.

    On pourrait tout aussi bien dire : A la lumière d’aujourd’hui. Ce serait le même sens. Histoire d’emmerder ce joyeux bataillon bien pensant qu’en serait il aux pôles ou pays nordiques desquels la lumière ne correspond pas à un cycle journalier ? Pole nord : Au jour ( A la lumière) des événements, Il est actuellement 12h et la nuit ne s’est nullement retiré aujourd’hui.

    Aujourd’hui détient dès lors un but temporel et non contextuel. J’ai un doute quant à l’origine latine de Hui. Il me semblait que cela se rattaché plus ou moins à une porte.

    Néanmoins plus personne ne connait son sens. Dès lors Aujourd’hui n’a plus le même sens qu’hier.

    De même que « désolé » n’a ABSOLUMENT pas le sens d’hier !

    Enfin je dirais qu’une langue évolue ! Car elle est vivante ! Et c’est un phénomène que nos vieux haïssent car ils perdent eux même la main sur le monde qui était le leur quand ils ne savent plus dès lors s’adapter.… Quoi? Comment ça les membres de l’académie Française ? =D

    On passera le mimétisme des jeunes qui ne se questionne pas du sens de leurs paroles…

    N’oublions pas que si ils pouvaient nous juger, nos anciens, les adepte du vieux Français nous regarderaient avec des yeux rond en nous traitant de jeunes connards décadent et arrogant ! Oui oui vous qui aimiez tant rappeler certaines fautes de Français ! 😉

    Par ailleurs avant même le vieux français, la France était bien loin de partagé une seule et même langue. Sans impulsion royale on en serait peut être encore au même point que les Wallons et Flamand.……

    NB : A tout ceux qui nous emmerde pour les anglicisme comme au 4 « supporter » .
    — 1) Une langue évolue et à défaut d’un terme préexistant, celle ci s’attribuera invariablement le sens étranger. Une appropriation Francisé (académie Française) sera non seulement souvent à coté de ses pompes mais dénotera aussi un isolationnisme certain aux nombreux effets pervers …

    - 2) Un tel transfert de termes anglophones ou étranger ne date pas d’hier. L’inverse existe et a existé pendant longtemps. On retrouve des termes issus du français en anglais mais aussi d’autres langues.
    — 3) La France a un lourd passé. Notre langue c’est tout autant constitué grâce aux langues germanique, Celtique, celtibère, anglo saxone et latine ainsi que Grecque ( au rappel que ces dernier nous avaient colonisé bien avant Rome dans le sud de la France ).

    Bref ex germanique : Guillaume, Tristan etc.. Ambassade ( venant lui même du gaulois ambactos)

    Celtique, celtibère : Savon. Blaireau ( derivé Blaros  » Gris » Broccos) Caillou ( Cala ) Char ( Carros) Cheval ( Caballos )

    Latin et grecque sont les plus évidents …

    Tient un tardif Bistro ( dérivé de vite en russe ) datant de l’arrivé des soldats sur le territoire parisien et de leur brève occupation.

  • Jacky Degueldre

    Faire sens, faire problème, poser problème, poser polémique (sic, tel que je l’ai entendu hier au JT d’une chaîne française), la liste est longue des « estompements de la norme »… Et grande la tentation de renoncer, face aux assauts de la (post)modernité, aux règles du bon usage: « sans faute », vous l’écririez avec ou sans S ?, demandai-je naguère, jeune journaliste malicieux, à Maurice Grevisse en personne.
    Bien embarrassé de trancher, tout pape de la grammaire qu’il était, entre une dictée “sans faute” (zéro faute) et une dictée “sans fautes” (c.-à-d. sans fautes multiples émaillant la copie, ce qui est usuellement le cas)…

    Pour ma part, j’ai entrepris, voilà bientôt deux ans et avec l’aide de l’un ou l’autre complice (conforté par une sentence sans équivoque de l’Académie), un combat que je ne
    qualifierai pas d’arrière-garde mais plutôt d’escarmouche contre… AU FINAL.
    Agaçante, exaspérante, pullulante expression qui, quoique
    fautive et absurde, a envahi sans raison notre jargon médiatique — elle semble apparaître dans les archives du Monde dès 1987 — pour finir par polluer notre conversation quotidienne à tous les coins de phrase.
    Tendez l’oreille, dans le métro, dans la rue, dans votre salon: c’est consternant.

    Dans l’article ou plutôt l’appel ci-joint, publié sur mon blog personnel en février 2013, j’avais même prédit qu’à ce rythme, on verrait bientôt apparaître par assonance « au global », voire
    « au local ». Ce qui n’a pas traîné: le premier m’a écorché les oreilles voilà deux mois à peine, de nouveau lors d’un journal télévisé d’une grande chaîne française (La 2).

    Bref, voilà encore une guérilla linguistique à mener, pour laquelle un petit coup de main ne serait pas de refus… Avant qu’il soit trop tard. Souvenez-vous de ces résistants, les « hommes-livres », dans Fahrenheit 451, film dans lequel Truffaut dépeint une société dystopique où écrire est interdit. Certains parmi nous devront-ils devenir des « hommes-grammaires » pour que notre belle langue française ne meure pas frappée de stupidité? (JD051014)
    _______
    Contre l’aufinalisme ambiant, voici le texte de l’appel aux rédactions Pour en finir avec « au final »:

  • Anne-C

    Bcp aimé la légende accompagnant la sanguine :« Voltaire, auteur inconnu ».

  • Philippe Tarnier

    et que pensez-vous de « battre son plein » ?
    un prof de linguistique, expert en étymologie, m’expliquait en 1983 (en cours !) qu’il s’agit du son du tambour.
    Les tambours battent donc son plein et non leur plein.
    Sauf qu’aujourd’hui, dans les dictionnaires et sur les fofos, les tambours battent leur plein. Qui a raison ?

  • annekrum93

    Bonjour,

    vous m’excuserez de relancer un vieux débat, mais Malgré que est-il correct, alors ?

  • esstj@vivaldi.net

    Bonjour
    Je suis traductrice un peu artisanale et il arrive que je cherche sur internet des indications sur telle ou telle expression. Je lis aujourd’hui votre article (qui m’a fait sourire car moi aussi, j’ai tendance à corriger, mentalement au moins, les fautes que j’entends, ou que je lis) et je trouve aussi dans votre article le petit chapitre sur auteure etc. J’ai lu ailleurs les lamentations d’un puriste parce que « on ne dit pas instituteure etc. Oui, mais, bien des gens ignorent qu’il existe des précédents depuis fort longtemps : d’après le CNRTL, le substantif masculin « prieur » date du XIIe et son féminin « prieure » du XIVe. Il s’agit donc du supérieur ou de la supérieure dans un monastère. Alors, en soi « auteure » n’est pas vraiment une révolution dans l’évolution de la langue.

  • Thomas Grenier

    Pour ce qui est de une auteure et les exemples que vous donnez je les utilise aussi au féminin.
    Mais ce sont les mots qui sont féminisés à la va-vite sans prendre en compte une quelconque racine étymologique qui me choquent. Ce serait comme écrire « une chevale » ou « une boucque » etc. C’est le même type d’erreur que les personnes qui parle de « scénarii ».
    Même si la langue évolue avec l’usage.

    Je suis en revanche très irrité avec les journalistes qui écrivent XXXé-e-s car il n’y a aucune justification à ça. Le masculin tient place du neutre en langue française et ça n’a aucun rapport avec un quelconque sexiste, on par ici de genre grammatical.

    http://www.academie-francaise.fr/actualites/la-feminisation-des-noms-de-metiers-fonctions-grades-ou-titres-mise-au-point-de-lacademie

  • Averell Dalton

    Au point 3 vous dites manquer d’arguments à propos de la féminisation des mots. Voila mon avis : Il ne faut pas confondre genre et sexe. Une table ne s’accouple pas avec un table pour engendrer une petite tablette; une chaise ne s’accouple pas avec un chaise pour enfanter un tabouret: un président ne s’accouple pas avec une présidente pour donner un petit ministre.
    Une fonction est genrée, pas sexuée. Une fonction, un métier est asexué, genré, Ce qui devrait aller dans le sens de l’égalité sociale des sexes. Féminiser une fonction revient à dire qu’il y a une différence de fait si c’est un président ou une présidente…
    Dire « Madame LE Président… » est bien plus respectueux pour les 2 parties que de réduire au sexe.
    Quant à féminiser sans féminiser avec plein de tirets.… c’est indéfendable tellement c’est devenu lourd; alléger un texte reste tout de même une règle essentielle de n’importe quelle langue !

  • Richard

    Article et commentaires intéressants

  • Anton Gualli

    je je je je je… comme dirait l’autre c’est pas un argument très sérieux que de dire je pense que, j’aime que, je préfère que, etc.