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Face à l’épidémie, ces graphiques qui ont (peut-être) sauvé des vies

Fin février, j’étais l’invité de Jean-Baptiste Diebold et de Philippe Couve pour leur podcast A Parte. Ces deux fins connaisseurs des médias en ligne m’ont soumis à un feu nourri de questions sur l’innovation dans les rédactions. L’une d’elles m’a un peu pris au dépourvu :

« On parle de ces questions de datajournalisme depuis une décennie, grosso modo, mais on a l’impression que ça reste toujours marginal… C’est quoi l’explication, c’est une allergie au tableur Excel de la part des journalistes, ou bien les données, c’est compliqué à utiliser, c’est pas si exploitable que ça ? »

Sur le moment, j’ai bredouillé ma réponse habituelle : le datajournalisme n’est plus vraiment à la mode, certes, mais c’est plutôt une bonne nouvelle ; ça permet à ces nouvelles pratiques de s’implanter lentement mais durablement dans les esprits. Et puis les initiatives se multiplient, on voit se multiplier les projets vraiment aboutis, la connaissance des outils, y compris les plus pointus, se répand.

La bulle confortable de la formation, et le monde réel

Mais j’avais toujours un doute. Quand j’anime des formations sur ce thème, il y a toujours un moment où les participants se découragent devant la technicité de la discipline et les pièges variés qu’ils vont devoir affronter. Le datajournalisme est, par essence, un journalisme de la complexité. Même une série de données d’apparence simple, téléchargée sur un site officiel et correctement structurée, peut plonger dans des abîmes de perplexité.

Prenez le produit intérieur brut, par exemple. Faut-il privilégier le PIB global, celui par habitant, celui « à parité de pouvoir d’achat » ? Pourquoi les montants sont-ils différents selon la Banque mondiale, l’OCDE et Eurostat ? Et que faire quand des cases du tableau sont désespérément vides ?

Il y a la bulle confortable de la formation, dans laquelle on prend le temps de se poser toutes ces questions. Et puis il y a le monde réel, les conditions de travail dégradées des journalistes, les plans d’économie qui se multiplient, la perte d’expertise au sein des équipes, la course au clic et l’abus du copié-collé, la prime à la publication « en temps réel »…

Dans ce contexte, il faut être du genre utopiste pour penser que la profession finisse par accorder assez d’attention, de temps et d’énergie à la maîtrise de ces nouveaux outils.

Le miroir de notre angoisse collective

Et puis l’épidémie de Covid-19 est arrivée, et elle a balayé mes doutes. Dès les premiers jours, les chiffres, les tableaux, les graphiques ont poussé comme des champignons après la pluie. Les courbes exponentielles de l’université Johns Hopkins, dont les chiffres sont repris un peu partout, sont devenues le miroir de notre angoisse collective.

Le tableau de bord de l'épidémie de Covid-19 de l'université John Hopkins.
Le tableau de bord de l’épidémie de Covid-19 de l’université Johns Hopkins.

Avec d’autres, elles ont permis une prise de conscience mondiale. Elles sont donné de la résonance aux récits des habitants de Hubei, des médecins de Bergame, du personnel des Ehpad du Haut-Rhin, des confinés fliqués à Séoul, des nouveaux chômeurs de New York.

Il a fallu de sinistres asymptotes pour connecter toutes ces histoires individuelles, en faire une expérience collective, la rendre réelle, palpable, mesurable. Au passage, ces graphiques ont, sans doute, sauvé pas mal de vies.

Impossible d’en faire un inventaire complet. Du tableau de bord multi-critères, des cartes interactives, des graphiques dignes de publications scientifiques ou bien dessinés sur un coin de table… : tous les formats y sont passés.

On trouvera des compilations plus complètes dans les newsletters de Datagif (français), de Giuseppe Sollazo (anglais) ou de J++ Stockhom (anglais). (Ça ne veut pas dire que tout ce qui a été publié était de qualité, on trouvera d’ailleurs une série d’exemples à‑ne-pas-reproduire-chez-vous dans ce post Medium de l’infographiste Amanda Makulec.)

Des graphiques remixés comme de vulgaires mèmes

Mais certains m’ont particulièrement marqués. Ou plutôt, ce qui m’a frappé, c’est de les voir partagés, commentés, détournés, remixés par la culture populaire comme de vulgaires mèmes.

Le graphique « Flatten the curve », est apparu, selon le site Know Your Meme, le 28 février. Depuis, il a été dupliqué et décliné à l’infini, parce qu’il se révélait un outil redoutable pour faire comprendre l’intérêt des mesures de distanciation sociale, dans une forme que même le plus buté des présentateurs de Fox News pouvait comprendre.

Il est difficile d’en connaître l’impact exact dans la population – le monde réel ne se résume pas aux réseaux sociaux, ou plutôt à la bulle qu’ils créent autour de chacun de nous. Mais il est permis de penser que deux bosses et un trait vertical auront fait davantage pour faire passer un message de santé publique que bien des déclarations officielles.

Les politiques, d’ailleurs, ont rapidement compris que leurs propos avaient plus de chances de convaincre s’ils s’appuyaient sur des visuels. Ainsi, Olivier Véran dessinant le « Flatten the curve » en direct sur BFM-TV.

« C’est trop compliqué pour le lecteur » Vraiment ?

Publié le 10 mars, le post Medium de Tomas Pueyo, titré « Coronavirus : Why You Must Act Now » se situe aussi dans le registre de la sensibilisation. Mais en termes de format, c’est l’extrême opposé : un long raisonnement, de multiples graphiques parfois complexes, l’accent mis sur les biais et les erreurs d’interprétation.

Graphique publié dans le post Medium de Tomas Pueyo.
Graphique publié dans le post Medium de Tomas Pueyo.

Tout ce qu’il ne faut pas faire quand on veut attirer l’attention du grand public sur les supports numériques, vous diront les spécialistes. Sauf que la version anglaise a été vue plusieurs millions de fois, et le texte a été traduit dans plus de trente langues…

Un succès qui relance la question de la capacité réelle des lecteurs à s’approprier les cartes, les graphiques, les schémas, les tableaux… En anglais, on parle de graphicacy, sur le modèle de la literacy, le fait de savoir lire et écrire un texte. « C’est trop compliqué pour le lecteur » est un argument souvent avancé dans les rédactions contre l’utilisation de la datavisualisation, surtout si on s’aventure hors des formats les plus simples (barres et courbes).

A minima, on dirait bien qu’on a sous-estimé les lecteurs. Après tout, selon l’OCDE, un tiers de la population française est diplômée du supérieur (45% pour les 25–34 ans) et a dû croiser pas mal d’abscisses et d’ordonnées pendant sa scolarité. Quand aux autres, il n’est pas interdit de penser qu’en soignant la présentation et l’interprétation, il seront aussi capables de s’approprier ce type de présentation de l’information.

Une échelle logarithmique et des courbes qui s’empilent

Ce n’est pas la seule certitude que cette pandémie bouscule dans le domaine de la visualisation – sur ce sujet, Rosamund Pierce, infographiste à The Economist, dressait récemment la liste des règles qu’il faut savoir ne pas respecter, parfois.

Au début de l’épidémie, les graphiques du Financial Times, que John Burn-Murdoch présente dans une vidéo très éclairante, tordaient ainsi le cou à quelques dogmes pourtant bien établis :

  • une échelle logarithmique, supposée déroutante et réservée aux publications scientifiques, mais qui est un choix finalement bien naturel pour parler d’un phénomène exponentiel ;
  • un empilement de courbes et de couleurs qu’on pourrait juger peu lisible, mais qui permet en un coup d’œil de différencier les pays « qui s’en sortent » de ceux qui peinent à endiguer la propagation de la maladie ;
  • des guides en pointillés qui surchargent encore l’affichage, mais sont indispensables pour mieux estimer le rythme de propagation, alors que la pandémie en était encore à ses débuts dans beaucoup de régions.

Aussi sophistiqués soient-ils, leur lecture reste aisée, et leur publication quotidienne comme les commentaires qui les accompagnent sont vite devenus un rendez-vous incontournable, au moins pour les confinés de ma timeline Twitter.

Tout choix éditorial est un pari, et parfois les paris se gagnent

Quid des projets plus ambitieux ? En matière de datavisualisation, les productions léchées des grosses équipes du New York Times, de Reuters ou du National Geographic font peur à certains rédacteurs en chef. Trop chronophage, trop ambitieux, trop incertain. (L’an dernier, j’ai ressenti un pincement dans mon cœur de patriote en voyant que c’est un média américain, et non français, qui a publié le format le plus convaincant sur l’incendie de Notre-Dame.)

Oui, mais voilà : tout choix éditorial est un pari, et, parfois, les paris se gagnent. Le simulateur d’épidémie publié par le Washington Post est désormais le contenu le plus visité de toute l’histoire de ce média, et a marqué beaucoup de ses lecteurs. Certes, on n’arrive pas à un tel niveau de qualité sans en passer par des années d’apprentissage, de montée en compétence de l’équipe, de recrutements avisés. Par des essais, d’erreurs et des résultats décevants. Mais qui osera dire aujourd’hui que ça n’en vaut pas la peine ?

Alberto Cairo, consultant renommé et auteur de « How Charts Lie”, résume mon sentiment sur son blog :

« C’est quelque chose qui m’intrigue : pourquoi autant d’entreprises – et je ne parle pas seulement des médias – sont aussi réticentes à investir dans des équipes data et infographies, ou bien à leur donner assez de ressources et d’autonomie pour les développer ? »

Pour se consoler, les médias qui ont raté le train peuvent se dire qu’ils ne sont pas les seuls à manquer aujourd’hui de ressources. J’ai été frappé de voir circuler l’appel aux volontaires non-soignants lancé il y a dix jours par Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). Plus de 13 000 personnes ont depuis rejoint le Slack dédié, dont 600 ont rejoint l’une des 36 missions proposées, selon le communiqué publié le 1er avril.

Parmi les profils recherchés initialement : des data-scientists, des développeurs, des chefs de projet, des designers, des spécialistes UX… Autant de métiers encore mal identifiés, associés à la geste macronienne de la start-up nation, et dont il est de bon ton de se gausser quand on est humoriste sur France inter.

Evidemment, toutes ces bonnes volontés ne remplaceront jamais un système hospitalier correctement financé et des soignants en nombre suffisant. Mais leurs compétences se révèlent utiles pour une bataille qui se joue aussi sur le front de la data, et pas seulement dans les rédactions.

(Merci à Karen Bastien et Alexandre Léchenet pour leurs conseils.)

Il y a un réseau social super auquel les journalistes ne pensent jamais

La mascotte d’un réseau social que les journalistes devraient fréquenter plus souvent.

Le social media en ce moment, c’est vraiment pas la joie.

Mon flux  Facebook ressemblerait à un frigo vide, sans les publicités venues s’empiler entre de rares posts de vraies gens, oubliés là comme un Tupperware de gratin dauphinois du mois dernier.

Twitter est toujours aussi bouillonnant,  et la pratique des threads, qui consiste à raconter une petite histoire au fil d’une série de tweets enchaînés, a su ranimer mon intérêt. Mais vu l’ambiance délétère qui y règne, j’ai autant envie de participer aux échanges que de tremper mes orteils dans un marigot rempli de caïmans affamés.

Linkedin est à la mode, mais qui a vraiment envie de passer du temps sur un réseau social où il faut enfiler un costume cravate et cirer ses mocassins avant de se connecter ?

La chair est triste, hélas, surtout pour les vieux cons qui, comme moi, ont connu l’effervescence bon enfant de ces plateformes à leurs débuts – sans parler des blogs qui les ont précédés. Et la tentation est grande de se replier sur un espace de discussion réservé aux gens de bonne compagnie, qu’il s’agisse d’un groupe Facebook, d’une boucle WhatsApp ou d’un channel Slack.

Une passion pour le nettoyage industriel à haute pression

Pourtant, il reste un endroit où on retrouve le plaisir d’échanger avec des inconnus qui faisait tout le sel de l’Internet de papa : Reddit, et plus précisément sa partie francophone, village gaulois résistant vaillamment à l’aseptisation des espaces numériques.

Reddit, j’y ai créé un compte depuis 2011, attiré par les mèmes, les vidéos de chats et les GIFs animés qu’on y trouve à foison. Moins connu et plus americano-centré que ses concurrents, il compte quand même plus de 500 millions d’utilisateurs, et semble décidé à accorder plus de place à l’actualité, contrairement à Facebook.

Sept ans plus tard, je reste fasciné par la taille et la vitalité des communautés qui font vivre les subreddits, sortes de forums organisés autour de thématiques, de centre d’intérêts et de marottes diverses.

Ces derniers visent parfois large : il y a /r/worldnews sur l’actualité, /r/soccer sur le foot, /r/politics sur la politique américaine… Mais les subs les plus intéressants occupent des créneaux plus étroits, autour d’une série TV (/r/gameofthrones) , d’un type d’humour particulier (/r/dadjokes) ou de fétichismes ultra-pointus – grâce à /r/powerwashingporn, je viens de me découvrir une passion inavouable pour le nettoyage industriel à haute pression.

Jusqu’il y a peu, aller sur Reddit était pour moi une façon très agréable de perdre encore plus de temps scotché à mon smartphone, mais n’avait pas grand chose à voir avec une activité journalistique sérieuse.

D’autant que les codes, le jargons, les private jokes en vigueur sur cette plateforme font de sa découverte et de sa prise en main une expérience ingrate – montrer Reddit à un collègue, c’est risquer de s’attirer des regards incrédules voire hostiles, et se trimbaler avec  une étiquette « gros nerd » pendant le reste de son CDD.

Ambiance cœur-avec-les-mains dans le coin des Français

Les choses ont changé avec la montée en puissance de /r/france, sub francophone qui a  dépassé les 200 000 membres cet été. J’ai pris l’habitude d’y signaler les articles que je publie ici, agréablement surpris par la qualité de l’accueil reçu. Et le trafic reçu commence à être significatif : sur les 4 200 visiteurs qui sont passés sur mon infographie dédiée aux recettes de Marmiton, près de 900 venaient de /r/france.

Mais c’est surtout la qualité des commentaires reçus qui m’a enthousiasmé.

Sur Facebook, je peux compter sur mes proches et mon réseau professionnel pour relayer mes petites productions. Un soutien agréable mais forcément biaisé : difficile de ne pas lâcher un like quand un de vos amis publie le résultat d’un travail sur lequel il a transpiré plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Sur Twitter, beaucoup d’utilisateurs vont me retweeter ou publier un lien vers mes articles (merci à eux !), parfois accompagné d’un commentaire ou d’une critique, mais la plupart du temps ça ne va pas plus loin, surtout si l’attention générale est retenue par la dernière sortie d’Eric Zemmour ou le énième clash entre Raphaël Enthoven et Rokhaya Diallo.

Sur Reddit, c’est une autre paire de bretelles : tout ce que j’ai écrit va être scruté à la loupe, mes graphiques et cartes analysés en détail, mes erreurs ou raccourcis signalés en quelques minutes.

Même les scripts informatiques que je publie parfois en accompagnement sont passés en revue par des « redditeurs » bien plus calés que moi en code. (Lesquels, au passage, me proposent parfois leurs services pour une prochaine enquête, ambiance cœur-avec-les-mains.)

S’y aventurer reste une expérience risquée

La (relative) bonne tenue des échanges sur Reddit tient à ses deux principaux atouts :

  • un algorithme qui trie les commentaires selon leur pertinence et replie les posts les plus mal notés
  • une modération assurée par des bénévoles, qui édictent les règles des échanges sur chaque subreddit et les font respecter. (Ce qui ne va pas sans créer des heurts et des polémiques, comme celle qui a agité /r/france cet été.)

Comme tout bon subreddit, /r/france n’a pas que des qualités : le nouveau venu pourra se sentir exclu par le contenu dit « meta », soit l’humour autoréférentiel, auquel on n’entrave rien si on n’a pas suivi les échanges depuis quelque temps. Il faudra ainsi faire avec de multiples références à la guerre « pain au chocolat » versus « chocolatine », qui y a atteint des proportions quasi nucléaires.

D’autres subreddits franchouillards commencent aussi à émerger, même s’ils souffrent souvent de la concurrence de leur alter ego anglophone : /r/ligue1 pour le ballon rond, /r/paslegorafi pour les infos insolites, /r/vosfinances pour des conseils pognon.

Pour un journaliste, s’aventurer sur Reddit reste une expérience un peu risquée : le rejet global des médias, perçus comme « putaclics » ou partisans, s’y ressent comme partout ailleurs.

Surtout, il faut être prêt à jouer le jeu des échanges, en défendant son travail quand les critiques ne sont pas justifiées, en reconnaissant ses lacunes et ses erreurs quand elles le sont.

La recette : être utile, bienveillant, intelligent,  et surtout transparent

Aux Etats-Unis, le Washington Post s’est fait remarquer avec le compte /u/washingtonpost, qui poste bien sûr des liens vers les articles publiés sur le site, mais participe aussi aux échanges dans les commentaires.

Il est animé par Gene Park, un social media editor qui connaît bien les usages de cette plateforme. Bienveillant, utile et intelligent, son travail a été salué par le site spécialisé NiemanLab :

« Si le Post a fini par être bien accepté sur Reddit, c’est pour une raison pas si surprenante : son compte joue vraiment la transparence et accepte de répondre aux accusations lancées contre le journal, notamment le fait qu’il est détenu par le patron d’Amazon, Jeff Bezos. »

Park organise notamment des AMA (pour « Ask me anything »), exercice très prisé sur Reddit, qui consiste à laisser les utilisateurs interviewer une personnalité. Ça peut être un journaliste de la rédaction, ou un quidam ayant marqué l’actualité, comme ce présentateur météo de l’Alabama dont les bulletins sur les ouragans avaient été repérés pour leur qualité.

(Encore à Rue89, j’avais copié cette formule pour lancer la rubrique Posez-moi vos questions, qui a notamment accueilli un biérologue, une médaillée au JO ou encore l’écrivain Martin Wincler.)

Pour Park, « l’enjeu n’est pas de faire du trafic, mais de créer des liens avec l’audience ». En accompagnant le mouvement plutôt qu’en cherchant à le créer artificiellement :

« Les utilisateurs de Reddit postent très souvent des liens vers le Washington Post. Nous allons chercher ces conversations autour de nos articles et cherchons à donner plus de contextes, et plus de réponses. Parfois on a déjà publié d’autres contenus sur le même sujet, et je peux utiliser mes connaissances pour transmettre davantage de connaissance. »

Reddit m’intéresse parce qu’il permet de recréer des liens entre les journalistes et leur audience, ce qui me semble un étape indispensable si les médias veulent regagner la confiance du grand public (je sais, je radote). Les sites d’info peinent à créer des espaces de conversation pertinents sous leur propre ombrelle, alors pourquoi ne pas essayer celui-là ?